Face aux préoccupations croissantes en matière de souveraineté numérique et aux tensions géopolitiques, les municipalités de Copenhague et Aarhus, les deux plus grandes villes du Danemark, ont entamé leur retrait des services de Microsoft. Cette décision est motivée par une volonté de réduire les coûts et de limiter la dépendance vis-à-vis d'un acteur étranger dominant.
Selon le quotidien danois Politiken, cette démarche répond à des impératifs financiers et géopolitiques. Henrik Appel Espersen, président de la commission d'audit de Copenhague, a souligné les risques liés à une coupure potentielle des services de Microsoft en cas de détérioration des relations avec les États-Unis. La ville d'Aarhus a également invoqué des raisons similaires, ayant déjà remplacé Microsoft par un fournisseur allemand, entraînant une baisse significative des coûts pour ses services numériques.
Cette décision intervient après une hausse marquée des prix pratiqués par Microsoft, les coûts pour les municipalités danoises ayant presque doublé entre 2018 et 2023. Un événement récent a également pesé dans la balance : le blocage temporaire du compte de messagerie professionnelle du procureur de la Cour pénale internationale par Microsoft en mai 2025, suite à des sanctions américaines.
Ce "divorce" avec Microsoft au Danemark soulève la question d'un possible effet domino en Europe, où la contestation monte également, notamment en France, face à l'utilisation des services de l'entreprise américaine par des institutions publiques.
Source : L'Usine Digitale.